L’ouverture de la 16ᵉ édition du Salon International du Livre d’Abidjan (SILA), tenue le mercredi 29 avril 2026 au Parc des Expositions, a été marquée par un temps fort : la présence du Président de la République, Alassane Ouattara. En parcourant les allées du salon, au contact d’enfants, d’auteurs et d’acteurs du monde culturel, le Chef de l’État a conféré une portée hautement symbolique à cet événement désormais incontournable du paysage culturel ivoirien, consacrant ainsi la place centrale du livre dans le débat public et dans la construction de la nation. Une présence saluée comme un signal fort par les organisateurs.
Pour le commissaire général du salon, Ange Félix
Ndakpri, ce geste dépasse le protocole. « Si les infrastructures bâtissent le
corps d’une nation, la culture en constitue l’âme », a-t-il affirmé, estimant
que la présence du sommet de l’État « réaffirme l’importance stratégique du
livre dans la construction de l’esprit citoyen ». Placée sous la présidence de
la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, cette
édition du Salon International du Livre d’Abidjan 2026 s’est également ouverte
sur une forte dimension diplomatique. Le Liban, invité d’honneur, a apporté une
tonalité particulière à cette rencontre. Dans un message transmis pour
l’occasion, le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a salué une
passerelle entre deux cultures unies par une histoire de dialogue et de
résilience. Autre temps fort de cette édition : l’hommage rendu à Maurice
Kouakou Bandaman, écrivain et diplomate. Son œuvre Sœur, Esclave a été
distinguée par le Grand Prix national de Littérature Bernard Dadié.
Une reconnaissance majeure pour les lettres ivoiriennes, saluée par les organisateurs comme « la preuve du rayonnement de la plume ivoirienne au-delà des frontières ». Au-delà des distinctions, le SILA 2026 s’affirme surtout comme un espace de réflexion et de rencontre. Pour Ally Coulibaly, parrain de la cérémonie, la lecture reste un levier fondamental de développement. « Aucune nation ne peut prétendre à la grandeur sans une appropriation profonde de la culture et du savoir », a-t-il déclaré, rappelant que « de l’Égypte ancienne aux sociétés modernes, la connaissance a toujours été la clé de l’émancipation des peuples ». Dans les allées du salon, la diversité des profils témoigne aussi de cette évolution. Écrivains, journalistes, artistes, footballeurs ou encore musiciens se côtoient autour du livre. Une ouverture assumée par les organisateurs, qui y voient un signe de vitalité culturelle.« Le livre est devenu un espace universel de dialogue », confie un organisateur, soulignant que cette mixité traduit une transformation profonde des pratiques culturelles en Côte d’Ivoire. À Abidjan, le SILA continue ainsi de s’imposer comme un rendez-vous majeur, où la littérature dépasse les cercles traditionnels pour s’ancrer dans la société. Une édition qui confirme que le livre, loin d’être un simple objet culturel, reste un outil de construction collective et de projection vers l’avenir.
J.K